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Assainissement non conforme : attention en cas de vente immobilière

  • Photo du rédacteur: Louis Wacquier
    Louis Wacquier
  • 15 févr.
  • 2 min de lecture

Mettre en conformité son assainissement avant la vente : une précaution indispensable.


Techniciens SPANC
Techniciens SPANC


Vendre un bien immobilier implique bien plus qu’un simple accord sur le prix. Parmi les points de vigilance essentiels figure la conformité de l’installation d’assainissement, en particulier lorsqu’il s’agit d’un système d’assainissement non collectif.





Dans un arrêt du 19 décembre 2025 (CA Paris, RG n° 23/19355), la cour d’appel de Paris a rappelé avec fermeté les obligations pesant sur le vendeur et sur le notaire en cas d’installation non conforme.


Une obligation claire pour le vendeur


Le vendeur est tenu à une obligation de délivrance conforme. Cela signifie qu’il doit informer précisément l’acquéreur de l’état réel du bien, y compris d’une éventuelle non-conformité de l’assainissement.


Lorsque des travaux sont prescrits par le service public d’assainissement non collectif (SPANC) et doivent être réalisés dans un délai déterminé — notamment dans l’année suivant la vente — le silence ou une information imprécise peuvent coûter cher. Dans l’affaire jugée, le vendeur a été condamné à indemniser les acquéreurs du montant des travaux ainsi que de leur préjudice moral.


Le devoir de vigilance du notaire


La décision rappelle également que le notaire joue un rôle central d’information et de conseil. Sa responsabilité peut être engagée s’il :


  • rédige une clause d’assainissement inexacte ou contradictoire,

  • annexe un diagnostic ancien sans joindre le contrôle plus récent,

  • ne met pas les acquéreurs en mesure de négocier le prix en connaissance de cause.


En outre, le notaire est tenu d’assurer la validité et l’efficacité des actes qu’il rédige, et doit vérifier les déclarations des parties, contrôler la cohérence des pièces annexées et s’assurer que le dossier de diagnostic technique remis à l’acquéreur est valide et conforme aux exigences légales. En matière d’assainissement non collectif, l’article L. 1331-11-1 du code de la santé publique impose que le contrôle joint à l’acte de vente date de moins de trois ans.


En l’espèce, la perte de chance de ne pouvoir obtenir une diminution du prix de vente équivalente au montant du coût des travaux de mise en conformité a été évaluée à hauteur de 20 000 €.


Anticiper pour sécuriser la vente


Mettre en conformité son installation d’assainissement avant la mise en vente présente plusieurs avantages :


  • éviter un contentieux après la signature,

  • sécuriser juridiquement la transaction,

  • préserver la valeur du bien,

  • rassurer les acquéreurs et faciliter la négociation.


Au-delà de l’obligation légale, il s’agit d’un véritable enjeu stratégique. Une installation conforme renforce la transparence et la confiance, deux éléments clés pour conclure une vente sereinement.


En matière immobilière, l’anticipation reste toujours moins coûteuse qu’un litige.


Louis WACQUIER

Avocat en droit public

Avocat en droit de la construction

Barreau d'Amiens

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